Entretien avec le Dr. Armand Mbaye

media_gallery_francaisPar Fara Ndiaye
Speak Up Africa*

Dr Armand Mbaye est le point focal paludisme au niveau de la Compagnie Sucrière Sénégalaise (CSS). Depuis la création du programme d’élimination du paludisme à Richard-Toll, Dr Mbaye a supervisé de suivi, l’évaluation et le processus de transmission des données du programme vers le district sanitaire. Il participe également à l’équipe de surveillance et d’investigation qui surveille  l’apparition denouveaux cas positifs.

Pourquoi la CSS s’est-elle autant investi dans la lutte contre le paludisme à Richard-Toll ?

La santé est globale. Elle engage tous les acteurs de la société, des agriculteurs, aux autorités administratives et enfin aux acteurs de la santé. Avec le renouveau du partenariat public-privé permis par le dynamisme de l’équipe du district sanitaire, nous avons vraiment senti la valeur ajoutée de nos actions.

En tant que citoyen sénégalais d’abord, puis en tant que médecin, il est de mon devoir de me préoccuper des problèmes de santé de mes compatriotes. L’engagement de la CSS est donc tout d’abord patriotique. Nous n’avons à envier personne. Les ressources sont disponibles, mais il nous faut avoir un engagement inébranlable pour surmonter les difficultés que nous rencontrons sur le terrain. C’est pourquoi la CSS estime utile d’aller sur le terrain et de participer à ces missions d’investigation aux côtés de l’équipe d district sanitaire et des autres travailleurs communautaires afin de mieux comprendre ce qui affecte nos travailleurs. Sans cette surveillance étroite, nous ne serions pas en mesure d’assurer la fin de la transmission locale du paludisme.

Pourquoi pensez-vous que ce modèle fonctionne ?

Nous sommes reconnaissants envers l’équipe du district sanitaire de Richard-Toll pour leur esprit d’ouverture qui les a poussé à impliquer les sociétés du secteur privé. Nous pensons que nos actions sont à présent appréciées et mises à profit.

La CSS est entièrement engagée dans le projet d’élimination du paludisme mis en œuvre à Richard-Toll par le Programme National de Lutte contre le Paludisme et MACEPA parce que cette initiative a un impact direct sur ​​nos activités. Avant d’établir cette politique interne, nous avions plus 20 cas de paludisme par jour. Six mois après le début du programme d’investigation des cas, nous n’avions enregistré que 24 cas de paludisme sur toute cette période. En ce qui concerne le fardeau financier de la maladie, des avantages évidents ont également fait surface. L’achat des médicaments contre le paludisme nous revenait à 23.000 dollars US sur six mois mais ne coûte plus que 300 dollars US à présent. Le projet a également eu un grand impact sur ​​notre productivité et nous savons tous que la productivité est la clé pour toute entreprise. Avec ce projet, les travailleurs ont besoin de moins de temps de convalescence maintenant que la maladie est traitée dès que le diagnostic est confirmé. Ils sont donc en mesure de retourner au travail plus rapidement. En ce qui nous concerne, la pertinence de notre engagement dans ce projet est entièrement prouvée.

 

*Fara Ndiaye est la Responsable des programmes pour l’Afrique de Speak Up Africa, une organisation à but non lucratif de communication et de plaidoyer en faveur de la santé publique en Afrique.