Une compagnie du secteur privé s’attaque à l’élimination du paludisme au Sénégal

media_gallery_francaisPar Yacine Djibo
Présidente de Speak Up Africa*

Avec une production de plus de 100.000 tonnes de sucre par an  un chiffre d’affaires de 70 milliards de francs CFA, la Compagnie Sucrière Sénégalaise (CSS) est un des leaders de l’industrie du sucre en Afrique de l’Ouest. L’entreprise est également maintenant sur ​​le point de devenir un leader dans les partenariats public – privé en ce qui concerne le secteur de la santé publique en relevant l’un des plus grands défis de la région: l’élimination du paludisme dans le district de Richard-Toll.

« Lorsque j’ai été approché par l’équipe du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) pour participer à leur projet d’élimination du paludisme, j’étais très sceptique. Je suis allé jusqu’à dire que leur objectif n’était pas réaliste, du moins pas à Richard-Toll dans tous les cas. ” explique Dr Aboubacar Gassama, Médecin-chef de la Compagnie Sucrière Sénégalaise. Cependant, après un processus de consultation approfondie dans lequel tous les détails du projet d’élimination du paludisme ont été examinés par le Dr Gassama et son équipe, ils sont venus à la conclusion que non seulement l’objectif d’élimination à portée de main mais que la CSS pouvait jouer un rôle majeur.

Compagnie Sucrière Sénégalaise. Photo: Speak Up Africa

Compagnie Sucrière Sénégalaise. Photo: Speak Up Africa.

Les résultats obtenus après seulement un an depuis le début du projet leur ont donné raison. La CSS dispose de quatre médecins, dix infirmières et aides-soignantes pour le suivi médical de ses travailleurs et de leurs familles. En collaboration avec l’équipe du district sanitaire, la CSS a établi une série d’interventions clés, y compris la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide à leurs employés, l’utilisation systématique de tests de diagnostic rapide (TDR) et la prescription de combinaisons thérapeutiques d’artémisinine (ACT) lorsqu’un cas de paludisme est confirmé.

La CSS est maintenant pleinement engagée dans ce projet d’élimination du paludisme mis en œuvre à Richard-Toll par le PNLP et MACEPA parce que cette initiative a un impact direct sur ​​la productivité. Avant le début du projet la CSS enregistrait 20 cas de paludisme par jour. Six mois après le début du programme d’investigation des cas de paludisme, la CSS ne recensait plus que 24 cas de paludisme – autrement dit 4 cas par mois. En ce qui concerne le fardeau financier de la maladie, des avantages évidents ont également fait surface. L’achat du traitement antipaludique qui coûtait 23 000 dollars américains sur six mois, ne revient plus qu’à 300 dollars américains à présent.

Le projet a également eu un grand impact sur ​​la productivité de l’entreprise. Avec ce projet, les travailleurs ont besoin de moins de temps de convalescence maintenant que la maladie est traitée dès que le diagnostic est confirmé. Ils sont donc en mesure de retourner au travail plus rapidement. “En ce qui nous concerne, la pertinence de notre engagement dans ce projet est entièrement prouvée “, a déclaré Dr Aboubacar Gassama.

 

*Yacine Diop Djibo est la Présidente de Speak Up Africa, une organisation à but non lucratif de communication et de plaidoyer en faveur de la santé publique en Afrique.