Mass Screen & Treat: Le Sénégal met en oeuvre une nouvelle stratégie de lutte contre le paludisme

media_gallery_francaisPar Fara Ndiaye
Speak Up Africa*

Le Sénégal a fait des progrès considérables en termes de réduction de l’incidence du paludisme avec une baisse drastique de 66 % de la mortalité du paludisme et les taux de morbidité entre 2006 et 2009. Grâce à une stratégie nationale solide et ambitieuse soutenue par des partenaires nationaux et internationaux, le Sénégal a mis en œuvre toutes les stratégies de lutte contre le paludisme à efficacité éprouvée, y compris la distribution de masse de moustiquaires imprégnées d’insecticide, l’aspersion intra-domiciliaire et l’utilisation des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine sur les cas confirmés de paludisme.

Le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) est maintenant en bonne voie pour la pré-élimination et l’élimination de la maladie et souligne l’importance de la mise en place d’un système de suivi complet. Il est essentiel d’assurer le suivi des interventions actuelles et l’exactitude des données concernant les nouveaux cas pour que le pays maintiennent ses acquis. En partenariat avec MACEPA, le PNLP a mis en place un projet pilote de diagnostic et traitement en masse (“Mass Screen and Treat)” dans les zones où la transmission du paludisme est encore élevée avec une incidence de 15 cas pour 1000 ou plus. C’est une première pour le pays.

At a local health center in Linguere, women queue to get their consultation ticket. Photo: Speak Up Africa.

A Linguère, dans un centre de santé local, des femmes font la queue pour obtenir leur ticket de consultation. Photo: Speak Up Africa.

Le projet vise à réduire la transmission locale de la maladie en menant des campagnes de diagnostic et de traitement de masse de tous les cas positifs avant la saison des pluies – la saison de forte transmission du paludisme. L’identification et le traitement systématiques des infections – même des cas asymptomatiques – devraient réduire le réservoir du parasite. Les porteurs asymptomatiques ne cherchent pas de traitement pour l’infection et deviennent un réservoir pour le parasite. Ces transporteurs  du parasite constituent une grave menace pour les pays allant vers l’élimination.

Afin d’assurer l’adhésion de la communauté à ce nouveau programme, les leaders d’opinion et les autorités locales ont tous été impliqués dans le processus de planification. « Je suis convaincue que l’initiative sera bien accueillie par notre communauté. Les populations ont vu l’impact positif que la distribution de masse des moustiquaires imprégnées d’insecticide a eu sur nos vies quotidiennes. En tant que chef de village, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour assurer la communication autour de cette prochaine campagne », a déclaré Khalidou Ka, membre du Conseil de la communauté rurale.

Le projet pilote de trois ans va lancer ces campagnes de diagnostic et traitement de masse deux fois par an avec l’objectif de réduire la transmission de la maladie à moins de 5 cas pour 1000 habitants et enfin atteindre l’objectif d’élimination du pays.

 

*Fara Ndiaye est la Responsable des programmes pour l’Afrique de Speak Up Africa, une organisation à but non lucratif de communication et de plaidoyer en faveur de la santé publique en Afrique.