Des téléphones portables qui sauvent des vies

media_gallery_francaisPar Fara Ndiaye
Speak Up Africa*

Plus de 3 milliards de personnes sont exposées au paludisme et plus de 600 000 décès sont toujours causés par cette maladie. Pourtant, le paludisme est évitable et curable. Au cours des quinze dernières années, des progrès considérables ont été accomplis dans la lutte contre le paludisme en Afrique. Des centaines de millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide ainsi que des outils de diagnostic et de traitement ont été distribués à travers le continent. Ce renforcement massif des stratégies éprouvées de lutte contre le paludisme a grandement réduit le nombre de décès dans les pays endémiques.

A MACEPA program officer displays the rapid reporting application. Photo: Speak Up Africa

Démonstration de l’application pour le transfert d’information rapide par un agent de MACEPA. Photo: Speak Up Africa.

Au Sénégal, le ministère de la Santé collabore MACEPA afin de fournir aux prestataires de santé, exerçant dans les zones les plus reculées du pays, des téléphones portables d’entrée de gamme. Ces téléphones mobiles permettent aux professionnels de la santé de recueillir des données sur le paludisme et de les transmettre en temps réel aux autorités appropriées. Après une courte séance de formation, les agents de santé sont prêts à utiliser l’application de transmission rapide des données visant à mieux partager l’information et enfin à aider les responsables et les médecins à mettre un terme à une épidémie de paludisme dès ses premières manifestations dans une zone. Chaque semaine, les agents de la santé formés entrent et soumettent des données essentielles sur le nombre de cas confirmés de paludisme, les stocks disponibles d’outils de contrôle tels que les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (ACT) et les tests de diagnostic rapide etc.

Dès leur soumission, les autorités sanitaires au niveau national ont tout aussitôt accès à ces données. Ce projet est conçu pour aider les pays endémiques à répondre aux épidémies de paludisme en temps réel. Il est essentiel pour les pays qui oeuvrent vers la pré-élimination et l’élimination de la maladie de garder des chiffres stables et leur données mises à jour. La transmission de nouvelles données chaque semaine via les téléphones cellulaires minimise le temps total que prend habituellement la rédaction des rapports et encourage ainsi les agents de santé communautaire à respecter leurs obligations de déclaration de ces mêmes données.

Les téléphones mobiles représentent ainsi un autre outil précurseur qui peut être utilisé pour sauver des vies dans les pays où le paludisme est endémique.

 

*Fara Ndiaye est la Responsable des programmes pour l’Afrique de Speak Up Africa, une organisation à but non lucratif de communication et de plaidoyer en faveur de la santé publique en Afrique.